Accepter n'est pas se résigner

Je travaille beaucoup sur l'acceptation avec mes clients. Mais qu'est-ce que cela signifie ? Je vois souvent une confusion dans l'appréhension du mot. Parfois le mot accepter est confondu avec celui de se résigner et parfois même subir. Se résigner face à ce qui vient d'arriver ou face à la violence d'une situation, subir le comportement de quelqu'un, d'un collègue, d'une amie, de son mari, de sa femme alors que celui-ci est irrespectueux, ou nous met en tension. Se résigner c'est quelque part ne pas se respecter et être passif, subir. Se résigner amène à un sentiment d'impuissance très fort. Paradoxalement, se résigner c'est encore croire que cela va changer, par magie voire que vous pouvez y changer quelque chose, que vous pouvez le changer...

Ce n'est pas cela accepter. L'acceptation est une manière d'apprendre de ses erreurs et vivre avec son passé. Et cela amène à voir le futur autrement, s'ouvrir à de nouvelles perspectives, de nouveaux ajustements créateurs. Accepter, c'est aussi accepter les erreurs des autres et accepter que cela leur appartient aussi, que vous n'avez pas le pouvoir de les changer et surtout que vous n'êtes pas responsable de cela.

L'acceptation amène alors à une transformation profonde de vos croyances personnelles.

Accepter c'est vous libérer et c'est améliorer votre relation à l'autre. Dans le couple par exemple, accepter l'autre tel qu'il est permet d'apaiser la relation et de ne pas rester bloqué sur ce que vous voudriez qu'il-elle soit et c'est lui permettre de se déployer dans son être le plus profond.

Vis-à-vis de vos enfants, accepter c'est en lien direct avec l'amour inconditionnel et votre capacité à accepter vos enfants comme des être uniques, singuliers et libres.

Accepter que cette personne soit ainsi, peut-être toxique pour vous, vous permet aussi de transformer la relation à elle, arriver à prendre de la distance parfois, distance qui n'était pas possible avant, car vous étiez accroché, bloqué dans l'idée que vous pouviez y changer quelque chose.

Et paradoxalement, en acceptant, c'est là que vous changerez le plus de choses. Mais ce changement ne se fera pas dans le "faire" mais dans votre être, et cela change tout !

L'acceptation est un véritable souffle, une détente physique et mentale. Vous acceptez aujourd'hui et vous serez apaisé demain. L'acceptation est la voie vers la sérénité.

Accepter n'est pas se résigner...Accepter c'est augmenter son pouvoir dans le présent et reprendre confiance dans l'avenir.


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Commentaires: 1
  • #1

    Sab (lundi, 13 janvier 2020 14:18)

    Je me posais des questions face à ma phase de résignation, notamment si je devais ou non me résigner, et je suis tombée sur plusieurs article dressant un portrait positif de l’acceptation et négatif de la résignation. Pourtant.

    Définition “Se résigner” : Accepter sans protestation ni révolte quelque chose de pénible, de fâcheux, qui paraît inéluctable.

    On pourrait dire que se résigner, c’est accepter dans la souffrance.

    L’avantage des articles c’est qu’on peut trouver des points et contrepoints pour mieux se retrouver. La plupart des articles sur ce sujet encouragent à ne pas se résigner, mais je me suis rendue compte que je le voulais profondément.

    En me résignant, c-a-d en acceptant les choses qui me font souffrir et les considérer comme inéluctable, je perds en effet de l’optimisme et de la joie, je perds également la force de me battre, mais je me déleste également d’une grande souffrance.

    Peut-être une pensée très bouddhiste, mais en me résignant, j’accepte qu’il y a des souffrances qui sont inévitables, mais c’est ainsi que je peux me trouver en paix. J’accepte d’être impuissante vis-à-vis de certains problèmes du monde, j’accepte que la situation est mauvaise et le restera, voire qu’elle va s’empirer. J’accepte d’accepter ces éléments fâcheux et inéluctables comme partie intégrante de ma vie. J’accepte d’abandonner mon optimisme, j’accepte ma faiblesse, j’accepte ma tristesse et mon impuissance face à un monde incommensurablement plus fort que moi. J’accepte ces composantes du monde et de la vie même si ça ne me plaît pas, tout en étant heureuse d’être en ce monde.

    Ca ne veut pas dire que j’abandonne toutes mes forces. Ça signifie simplement que j’accepte d’avoir du pouvoir sur certaines choses, et de subir des éléments qui échappent à mon contrôle. Je suis faible, triste, et c’est totalement ok. Je ne vais pas me leurrer sur mes émotions négatives et sur mes envies qu’il en soit autrement, mais ça aussi, c’est totalement ok. Néanmoins, au lieu de chercher à régler un problème qui n’a actuellement pas de solution (ou chercher à m’auto-convaincre que ce n’est pas un problème et que j’aime les choses telles qu’elles sont), autant utiliser son énergie à régler d’autres problèmes qui ont leurs solutions.

    Bref. Tout ça pour dire que je vois la résignation comme une action douloureuse sur le moment mais positive malgré tout. Se résigner ne signifie pas que tout est foutu pour toujours. C’est aussi une invitation du corps à se focaliser sur des choses plus constructives et d’être en paix avec la souffrance. Abandonner des souhaits et des rêves impossibles sur un instant T, c’est aussi se libérer d’un poids.